BIBLIOGRAPHIE DE SENSEI FUNAKOSHI

BIBLIOGRAPHIE DE MAITRE FUNAKOSHI

Gichin Funakoshi a d’abord été un instituteur d’école primaire à Okinawa pendant trente ans. Il a donné sa démission en 1921 lorsque ses supérieurs le nommèrent principal d’une école primaire dans une île éloignée de l’archipel. Sa mère étant vieille et malade, il préféra rester près d’elle sur l’île. C’est par la suite qu’il forma l’Association d’Okinawa pour l’Esprit des Arts Martiaux dans le but d’aider à l’unification du Karaté do.

Funakoshi a publié son premier livre technique en 1922, sous le nom de Ryukyu Kempo Tode. Ce livre a été le premier ouvrage officiellement édité sur le système défensif d’Okinawa.

Le suivant, Rentan Goshin Tode Jutsu, publié en 1925 est essentiellement le même au niveau du contenu. Le livre contient des schémas de ses 15 katas : les 5 Pinans, les 3 Naihanchi, Kushanku, Passai, Seichan, Wanshu, Chinto, Jion et Jitte.

Karate-do Kyohan

Son livre suivant, Karaté do Kyohan, (Le texte Maître), 302 pages, fut publié en 1935, traite des différents types de kata et est également illustré par Hoan Kosugi. C’est Kosugi qui a dessiné le célèbre tigre sur la page couverture, le Tora No Maki. Ce deuxième ouvrage contient 200 photos de Funakoshi démontrant ses katas. Il y a inclus une série de prologues écrits par certaines des personnes les plus célèbres de l’époque au Japon et Okinawa. Cette oeuvre, dont la portée est immense, représente le document le plus élaboré qu’on n’ait jamais écrit sur le karaté.

Il comprenait cinq chapitres :

- essence du Karaté,
- utilité du Karaté,
- entraînement et enseignement du Karaté,
- organisation du Karaté,
- bases et Kata.

Maître Gichin Funakoshi ne cessa, jusqu’à sa mort survenue en 1957, d’en compléter et d’en corriger le contenu.

Voici un extrait de la préface de la seconde édition de ce livre : ’’Vingt ans ont passé depuis la publication de la première édition de Karaté do Kyohan. Je me rappelle avec quelque émotion la publication en 1922 de mon premier livre, Ryukyu kempo Karaté, et la publication du second, Rentan Goshin Tode Jutsu, qui donna lieu à plusieurs éditions. L’honneur que me firent, en lisant le second livre, l’empereur et les membres de la famille impériale, fut pour moi une source de profonde reconnaissance et d’humilité. Puis, après plus de dix ans d’entraînement et d’expérience supplémentaire, et après avoir revu et corrigé pendant environ deux ans des parties incomplètes de Rentan Goshin Tode Jutsu, je publiai Karaté do Kyohan. La joie que je ressentis à la parution de ce livre reste aussi réelle pour moi que si elle était survenue hier". Gichin Funakoshi Tokyo, le 13 octobre 1956.

L’auteur y présente les techniques fondamentales de blocage et d’attaque. Il analyse dans le détail les exercices d’application avec partenaire, c’est-à-dire les combats conventionnels et libres, les combats à genoux et les projections. Il décrit minutieusement les 19 katas fondamentaux de la méthode Shotokan qu’il a lui-même fondée.

Il est dit que dans sa jeunesse, pour étudier et pratiquer le karaté, le Maître dû apprendre plus de cent katas différents. Après des années d’entraînement et de recherche, il sélectionna 15 katas élémentaires et supérieurs de l’école Shoreï, et de l’école Shorin auxquels il a adjoint des katas qu’il a personnellement créés, constituant ainsi un parfait éventail des techniques et des combinaisons les plus importantes.

En 1935, Il a renommé ces 15 katas avec des noms Japonais :
- les 5 Heian,
- les 3 Tekki,
- Kanku,
- Bassaï,
- Hangetsu,
- Enpi,
- Gankaku,
- Jion,
- Jitte.

Les commentaires de Funakoshi sur les aspects spirituels du Karaté do nous amène au-delà de la technique (Jutsu) pour se rapprocher de la Voie (Do). En voici un : "De même que le miroir est clair et reflète une image sans distorsion, ou la vallée tranquille qui renvoie l’écho d’un son, ainsi doit un débutant se libérer de ses pensées égoïstes et mauvaises, car c’est seulement avec un esprit clair et la conscience pure qu’il peut comprendre ce qu’il apprend".

Plus de deux mille prises de vue réalisées avec Maître Oshima illustrent les techniques, les postures ainsi que les kata dont les positions des pieds au sol sont décrites à l’aide de petits schémas. Des photographies des trésors nationaux japonais provenant des monastères de Todaï ji et de Kofuku ji à Nara, ainsi qu’une calligraphie originale de Maître Funakoshi complètent l’édition française de Karate-do Kyohan.

Karaté do Nyumon

L’édition japonaise du prochain, Karaté do Nyumon paraît en 1943. Le titre signifie littéralement : les portes qui ouvrent la voie du karaté, il y présente ce qui fait la valeur de son art, son essence, son âme. C’est un ouvrage qu’il a voulu accessible à tous. Il dévoile aussi un de ses katas les plus importants : le Ten no kata.

Voici un extrait de ce livre : "Le Karaté do est un art noble. Ceux qui s’enorgueillissent d’êtres capables de casser des planches et de briser des briques, ou qui affirment êtres capables d’arracher des morceaux de chair à leurs adversaires, ne connaissent absolument rien au karaté. Ils jouent dans les branches et le feuillage d’un grand arbre sans avoir la moindre idée de ce que recèle le tronc".

Karate do Ichiro

Funakoshi entrait dans la dernière période de sa vie, à un moment où peut-être plus qu’un autre, le karaté devenait complètement reconnu et international. Ce fut à ce moment, tandis qu’il passait les 80 ans, qu’il écrivit son autobiographie Karate-do Ichiro (Karaté do ma voie, ma vie), livre qui fut publié, dans sa dernière année de vie tandis qu’il avait encore présent à l’esprit, la préservation du Shotokan.

Présenté comme l’un des trois Grands Maîtres Fondateurs de l’ère moderne du Budo, Karaté do, ma Voie, ma Vie est une formidable évocation d’une aventure humaine unique, la création du Karaté do, qui modifiera totalement le monde des Arts Martiaux. Plusieurs petites histoires passionnées, drôles, et émouvantes, qui nous transportent dans un Japon d’un autre temps.

Shoto était le pseudonyme sous lequel Funakoshi écrivait des poèmes chinois dans sa jeunesse. Ce mot, en japonais, signifie littéralement ; vagues de pins. Lorsque Funakoshi voulait être seul et se détendre, il allait faire des promenades sur le Mont Torao. Dans son livre "Karate-do, ma Voie, ma Vie", il nous explique comment, dans sa jeunesse, il a choisi ce surnom : Shuri, ma ville natale, est entourée de collines couvertes de pins et de végétation subtropicale. Parmi elles se trouve le mont Torao, appartenant au Baron Chosuke, l’un de mes premiers bienfaiteurs à Tokyo. Le mot Torao signifie "queue de tigre". Il décrit fort bien cette montagne très étroite et extrêmement boisée qui ressemble tout à fait à la queue d’un tigre. "J’avais l’habitude de gravir le mont Torao, parfois de nuit, quand la lune était pleine ou sous le scintillement des étoiles. Il arrivait qu’il y ait un peu de vent. On pouvait alors entendre le bruissement des pins et sentir le mystère profond et impénétrable qui est à l’origine de toute vie. Pour moi, ce murmure était comme une musique céleste".

L’arbre qui représente Okinawa est le Ryukyu Matsu, le pin de Ryukyu, qui peut atteindre une taille de 15 mètres. En vieillissant, la couronne de l’arbre s’écarte pour former un ensemble de branches majestueux. Il est souvent planté en bordure des routes, et est employé couramment dans les bonsaïs, et comme coupe vent. Shoto désigne le mouvement des longues branches de cet arbre lorsqu’il vente. Plusieurs de ces arbres centenaires ont malheureusement été détruits par les bombardements américains lors de la deuxième guerre mondiale.

Quelques extraits de son livre :“Le Karaté do est une philosophie, une attitude devant et un regard sur la vie et le monde…”

- “Si un expert peut casser une planche épaisse ou un empilement de tuiles d’un seul coup, chacun, je vous l’assure, en est capable avec de l’entraînement. Il n’y a là rien d’extraordinaire. N’y voyez pas le véritable esprit du karaté. Il s’agit simplement d’une démonstration de la puissance qu’un homme peut acquérir par la pratique, sans aucun mystère. On m’a souvent demandé si l’exercice de casse révélait le niveau d’un karatéka. Évidemment, non. Le Karaté est l’un des arts martiaux les plus raffinés, et le pratiquant qui se vante de ses exploits à la casse, ou qui prétend pouvoir déchirer un adversaire et lui extirper les côtes, n’a qu’une vue très bornée de la véritable nature de l’Art”.

- “Quelques jeunes techniciens enthousiastes pensent que le Karaté ne se travaille que dans un dojo, avec un professeur. Ils ne sont pas de véritables karatékas.

- "Le Bouddhisme nous enseigne que le monde entier est un dojo et aucun de ceux qui veulent suivre la voie du Karaté ne doit l’oublier. Le karaté do, ce n’est pas seulement savoir se défendre mais plutôt être un bon et honnête citoyen”.

Dans l’ancienne capitale royale de Shuri, la lutte à la corde était très populaire, et Funakoshi était souvent demandé comme arbitre :

“L’observation de cette lutte m’apprit qu’une équipe trop concernée par la victoire échoue d’ordinaire. En revanche, celle qui participe pour le plaisir, sans trop se soucier de gagner ou de perdre, l’emporte fréquemment. Cette remarque est valable non seulement pour la lutte à la corde mais aussi pour le combat de karaté”.

- “Tous les ans au mois d’avril, de nouveaux étudiants s’inscrivent en grand nombre dans les clubs de karaté des départements d’éducation physique des universités. La plupart, heureusement, le font dans le double but de développer leur esprit et leur force physique, mais certains ont une motivation purement agressive. Ceux-ci abandonnent pratiquement tous avant la fin de l’année car il est impossible de poursuivre très longtemps dans ces conditions l’étude du Karaté.

- "Seul un idéal élevé donne la force de persévérer dans la rigueur que l’apprentissage demande. Quand on l’a compris, plus l’entraînement devient dur, plus il devient passionnant.”

- "Vous pouvez vous entraîner longtemps, très longtemps mais si vous vous contentez de bouger vos mains et pieds, de sauter et de fléchir comme une marionnette il n’y aurait pas beaucoup de différence entre votre Karaté et la danse. Vous n’atteindrez jamais l’essentiel, vous n’aurez pas réussi à saisir la quintessence du karaté do. L’art demande une discipline aussi rigoureuse que la vie, lutte quotidienne pour la survie, ne pas miser sur une seconde chance est la condition du succès".

Il écrivit dans le dernier paragraphe du livre : "Le Karaté de mon enfance pratiqué dans un local clandestin d’Okinawa est finalement devenu l’un des arts martiaux japonais avant de s’envoler vers l’Amérique. Je reçois des demandes d’information et pour les instructeurs aussi du monde entier. Encore étonné par le nombre de gens qui ont entendu parlé du karaté. Je le réalise maintenant que le livre est fini ! Aurai-je à démarrer un nouveau projet ? Aurai-je à envoyer des experts japonais à l’étranger ?"

Karatedo Tanpeshu : Funakoshi Short stories

Le tout dernier livre sur Funakoshi Gichin s’intitule Karate do Tanpeshu. C’est un recueil d’articles concernant Funakoshi, que beaucoup considèrent comme le père du karaté japonais. L’homme, son passé et l’histoire du début du karaté sont intimement dépeints par ses propres écrits, ses portraits, beaucoup de photos et d’autres matériaux relatifs. C’est une compilation écrite et traduite par Pat et Yuriko McCarthy.

Le coeur de cette compilation d’articles sont de nouvelles traductions de cinq textes écrits en 1914 par Funakoshi, qui touchent sur une grande variété de sujets :
- Ses pensées sur l’origine du karaté,
- d’autres artistes martiaux,
- des styles de karaté,
- du kumite,
- de kihon,
- du combat,
- du rapport entre le karaté et l’étude scolaire, et son éventuelle introduction du karaté au Japon,
- ses souvenirs au sujet de son professeur Azato Ankoh, aussi bien que le contraste entre le calme et l’action (yin et yang) et son lien avec la pratique du karaté.

Un article par Sasaki Gogai décrit le karaté et ses origines possibles, un article auquel Funakoshi fait référence dans son premier livre en 1922, Ryukyu kempo Karaté. Un autre article par Graham Nobel nous parle de son fils Yoshitaka, qui semble avoir eu une grande influence sur le développement du karaté Shotokan.

Aussi incluse est une traduction d’une page de texte écrite en vieux caractères chinois que Funakoshi a mise dans son livre Karate-do Kyohan et ses éditions suivantes, mais n’a jamais traduite en Japonais pour ses lecteurs. Ce texte est identifié comme étant un extrait du Bubishi, un livre secret possédé et prisé par plusieurs maîtres de karaté de début du 20ème siècle. L’extrait du Bubishi parle de divers préceptes d’art martiaux, maximes et stratégies aussi bien que l’importance de la connaissance des règles de l’énergie, de la polarité et des applications des points de pression.

Que Funakoshi aie inclut ce texte, mais ne l’a jamais traduit, suggère son importance, et le fait que ce texte devait être soigneusement gardé secret.

Cet extrait est suivi des vingt principes bien connus de Funakoshi, le Niju kun. Dix articles d’Itosu (le professeur de Funakoshi) et les sept vertus de Bushi Matsumura (le professeur d’Itosu) sont également inclus. Le lecteur a ainsi une occasion de comparer ces philosophies et de constater les influences de ces maîtres sur Funakoshi. La publication contient 40 pages de photos rares et historiques, de portraits, de séquences de technique et de calligraphies traduites.

Les pratiquants du karaté de Shotokan et les historiens y trouveront une chronologie informelle de Funakoshi, aussi bien qu’une bibliographie et un index assez complet.